Araser (Levelling)


Initié en Guadeloupe, ce projet naît du constat des revendications des habitants de cette île, qui, à travers elles, définissent leur « identité antillaise ». Revendications climatiques – les cyclones et saisons tropicales ne seraient pas financièrement pris en compte par le gouvernement français – ; revendications culturelles – celles du créole comme langue à part entière – ; économiques – l’autonomie du territoire pourrait être acquise par le basculement de l’agriculture d’export vers une agriculture locale –. J’ai cherché à transmettre plusieurs voix, celles des enfants de l’école Renaud David, où je suis intervenue en tant que plasticienne, celle du journal France-Antilles, créé par De Gaulle en 64, celles des habitants de la partie rurale de l’île où j’ai vécu, celle de journaux indépendantistes… Ce projet se poursuivra par l’étude de certains textiles considérés comme symboles des Antilles (le madras), de l’Afrique centrale (le wax), alors que leur parcours est en réalité beaucoup plus complexe.

The first step of this project took place in Guadeloupe. It was built from the claims I heard from the inhabitants of the island during my stay there. These claims were about the how the French government didn’t consider the special climate of the island, managing it the same way as a metropolitan department. They also were about recognizing creole as a language, or about how could Guadeloupe’s economy could acquire more autonomy by developing its local agriculture. I intended to give expression to various voices, those of the kids from Renaud David’s school where I gave some workshops, that of France-Antilles, the official newspaper created by De Gaulle in 64, those of the inhabitants of Basse-Terre, those of separatist newspaper from the 80’s… As I discovered that madras, a fabric which forms part of Caribbean’s identity, finally comes from India via Europe, I will pursue this project focusing on its history and that of some other African and Caribbean fabrics which stories have been built along with colonization.


Exondation (Low tide), 2018
130 x 420 cm – fil extrait de costumes de carnaval, écorce de palmier, chintz – matériaux collectés à Basse-Terre, Guadeloupe golden thread taken from carnival costumes, palm tree bark, chintz fabric – materials collected in Basse-Terre, Guadeloupe




Deux ouragans passent sur l’île. En février, celui, culturel, des défilés du carnaval ; d’août à novembre, la saison des cyclones.

Within a year, two types of hurricanes pass through the island. In February, the carnival ignites all the Caribbean ; from august to November runs the cyclone season.


Documentation du travail / documentation of the work ︎


France-Antilles #1, 2018,
50 étiquettes à coller sur le journal France-Antilles (19 x 3 cm)
Une collaboration avec Elie Petit, journaliste, auteur
50 tags to stick on the newspaper France-Antilles (19 x 3 cm)
In collaboration with Elie Petit, journalist, writer





Le journal local officiel de Martinique et de Guadeloupe, France-Antilles, a été créé par De Gaulle en 1964. Son titre n’a jamais changé depuis, et reflète encore les positions politiques ambigües de ce dernier vis-à-vis de l’Outremer. Outre des étiquettes inversant le titre du journal, j’ai composé une affiche. Cette dernière agence, en y trouvant des échos, des articles du journal éponyme, des témoignages d’habitants rencontrés sur place et des extraits de journaux indépendantistes des années 80. Des sujets similaires se croisent, faisant se rencontrer des points de vue radicalement différents.

France-Antilles, the official newspaper of Martinique and Guadeloupe, was created by De Gaulle in 1964. Its title has never changed since then and still reflects his ambiguous political positions towards the French overseas departments. After creating stickers which reverse this title, making it sound as “anti-France”, I composed a poster. Looking like a score, it combines testimonies from some inhabitants of Guadeloupe, articles from France-Antilles and other ones from communist or pro-independentists Caribbean newspapers from 1960 till now. Similar subjects meet while creating the encounter of radically different points of view.


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France-Antilles #2, 2018,
une affiche (84 x 119 cm)
a poster (84 x 119 cm)




Le journal local officiel de Martinique et de Guadeloupe, France-Antilles, a été créé par De Gaulle en 1964. Son titre n’a jamais changé depuis, et reflète encore les positions politiques ambigües de ce dernier vis-à-vis de l’Outremer. Outre des étiquettes inversant le titre du journal, j’ai composé une affiche. Cette dernière agence, en y trouvant des échos, des articles du journal éponyme, des témoignages d’habitants rencontrés sur place et des extraits de journaux indépendantistes des années 80. Des sujets similaires se croisent, faisant se rencontrer des points de vue radicalement différents.

France-Antilles, the official newspaper of Martinique and Guadeloupe, was created by De Gaulle in 1964. Its title has never changed since then and still reflects his ambiguous political positions towards the French overseas departments. After creating stickers which reverse this title, making it sound as “anti-France”, I composed a poster. Looking like a score, it combines testimonies from some inhabitants of Guadeloupe, articles from France-Antilles and other ones from communist or pro-independentists Caribbean newspapers from 1960 till now. Similar subjects meet while creating the encounter of radically different points of view.

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Araser (Levelling), 2018
jus de fleur de groseille, sel - série de douze dessins sur papier, 38 x 56 cm chacun redcurrant flowers juice, salt - series of twelve drawing on paper, 38 x 56 cm each




Les habitants de la Guadeloupe se plaig­nent souvent du mauvais état des routes. Ils accusent l’état français de ne pas assez s’im­pliquer envers les départements d’Outremer, et nombre d’entre eux réclament l’indépen­dance. Mais cela est pour le moment rendu impossible par l’import-export agricole vers la France, dont dépend la majeure partie de l’économie de l’île. Des cultures locales se développent en réaction à cela. L’une d’elles concerne la groseille, dont le jus est une boisson très répandue. C’est donc avec ce dernier que j’ai représenté quelques-unes des failles observées sur les routes.

Guadeloupe’s inhabitants often complain about the poor conditions of the road. They blame French government for not taking care enough of the overseas department, and not considering their special weather conditions. Some of them ask for independence, at least for autonomy, which is impossible for the moment, since the island’s economy largely relies on agricultural export-import with mainland France. In response to this, local farming develops. Redcurrant flowers, often used for their juice, are part of these cultivations. I used this juice to draw some of the faults I’ve seen on the roads.


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