La naissance du langage (Birth of language)



Cet ensemble de pièces questionne la notion d’héritage culturel, de transmission d’une identité, que je tente d’explorer à plusieurs échelles. La première, universelle, interroge la pluralité et la transmission des mythes de millénaire en millénaire, ainsi que l’étymologie même de ce mot, « transmission », à travers un dictionnaire à voix multiples. Sur un mode plus personnel, j’explore ensuite ma généalogie familiale, voire ce qui pourrait être une généalogie « physiologique », en travaillant à partir de caractères des mains de mes aïeules. Enfin, à l’échelle de la communauté (ici religieuse, juive), en confrontant le sens séculaire d’objets rituels à une interprétation personnelle et féministe.

This installation, which consists in eleven works, is about the transmission of one’s identity, cultural heritage, considering it at different scales. In a large, universal way, it focuses on how different mythologies could have had the same roots, as well as on the etymology of the word “transmission”, by creating a dictionary with multiple authors. Then, working on a community scale (that of the jewish community that I particularly know), I’ve confronted ritual objects to a personal and feminist point of view. Finally, using genealogy documents or the lifelines of the palms of my ancestresses, I’ve tried to materialize this data in a sculptural way.
La méiose (Meiosis), 2016
350 x 125 x 125 cm – bronze, coton, fil de coton
bronze, cotton, cotton thread




Huit vers narrant la naissance de la mythologie peuvent se lire selon de multiples combinaisons, à l’instar des quelques phrases ayant donné naissance, par transformations successives évoquant l’évolution biologique humaine, à de nombreux mythes à travers le monde.

Studies about pantheistic mythology describes its whole as deriving from an unique initial sentence. I wrote an eight-lines poetic text about this phenomenon. Each verse is embroidered on a ribbon segment, so the entire text can be read in (almost) an infinity of ways.
Ce travail a été inspiré par la lecture d’un article d’anthropologie, “Polyphemus, a phylogenetic reconstruction of a prehistoric tale”, Julien d’Huy, EHESS, 2013. ︎

This work was inspired by an anthropology article from Julien d’Huy, “Polyphemus, a phylogenetic reconstruction of a prehistoric tale”, EHESS, 2013. ︎

Documentation du travail / documentation of the work ︎


Nature / culture, 2017
trois affiches (3 x (420 x 594 mm)), impressions jet d’encre
three posters (3 x (420 x 594 mm)), inkjet prints




Chaque texte se retrouve inclus dans celui de l'affiche qui le suit, de gauche à droite. Ainsi, les lettres se retrouvant à chaque fois entourées par des mots différents, le sens de la phrase s'en trouve modifié à chaque passage.

Reading from left to right, you can observe that each text has been included at the middle of the next one. Its letters being enclosed by new ones, the meaning of the sentence evolves along reading.


Photos : Félix Péault

Documentation du travail / documentation of the work ︎
Diaspora, 2017
120 x 120 x 130 cm – bois, grenade
wood, pomegranate



La grenade est célébrée et dégustée chaque année, au nouvel an juif, pour ses grains, symbolisant entre autres la multiplicité des descendants, ou membres de la famille, cycliquement réunis. Au fur et à mesure des heures et des jours, les grains de grenade placés sur cette structure en bois sont naturellement éjectés du fait de l’absorption de leur jus par le bois.

During the Jewish New Year’s Eve (Roch HaShana), pomegranates are eaten as symbolic fruits. Among others, they represent how numerous can family members (or offspring) can be, especially when they meet each year at the same time.The wood absorbing the juice of these pomegranate grains, there are naturally ejected on the floor as days go by.



Photos : Félix Péault / Béryl Libault de la Chevasnerie

Coexistence, 2017
châle de prière (talith), encre, 60 x 200 cm – câble acier, tendeurs, dimensions variable prayer shawl (talith), ink, 60 x 200 cm – steel cable, wire-strainer, variable size




Ce châle de prière est traditionnellement porté par les hommes dans la culture juive. Selon certaines interprétations, les bandes noires qui y sont brodées ont pour fonction de séparer le haut du corps (considéré comme pur) du bas du corps (impur).
J'ai détissé les bandes situées à l'une des extrémités du châle, initialement horizontales, puis je les ai réimprimées verticalement, en en reproduisant précisément le motif, afin qu’elles n’apparaissent plus comme des barrières mais comme des passages.

This prayer shawl is usually worn in Jewish culture, only by men. According to some interpretations, its woven black stripes symbolically separate the upper body (seen as pure) from the lower (impure). I unweaved the horizontal stripes of one end of the shawl, and instead printed them vertically. The pattern was precisely imitated, presenting the stripes like paths more than like barriers.


Photos : Félix Péault

Documentation du travail / documentation of the work ︎